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Le Château du Petit Hohnack



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L’ histoire du château
La première mention du château féodal
remonte à 1079 et sa construction est due aux Comtes
d’Eguisheim.
Il tenait une position dominante au-dessus
des vallées de Munster et d’Orbey. Situé à 940m d’altitude
ce château est l’un des plus haut de France et le plus
haut d’Alsace.
Au 13ème Siècle on note
l’existence d’une famille de Hohnack.
En 1271, il y a rupture du lien féodal
entre Ulrich et l’évêque de Strasbourg.Ulrich donne une
partie de ses biens à l’évêque de Bâle, alors que le
domaine utile du château passe aux Comtes de Ribeaupierre.
Après la guerre soutenue par Anselme 2 de
Ribeaupierre contre l’Empereur Adolphe de Nassau( guerre
pendant laquelle le Val d’Orbey est dévasté, la
suzeraineté du château échoit à Henri 2 de Nassau.
En 1371, Ulrich, Comte de Ferrette, permet
à Henri 2 de Ribeaupierre fils d’Ulrich, de céder à son
cousin Jean de Ribeaupierre ,le château.
La maison de Ribeaupierre conserve jusqu’à
la guerre de trente ans, le château du Hohnack, qui à la
fin du Moyen-Age a été remanié pour la défense par les
armes à feu.
Mais en 1635, Monsieur de Manicamp,
maréchal de France et gouverneur de Colmar, s’empare du
Château par la ruse, et y installe une garnison française.
En 1650, Georges-Frédéric et Jean-Jacques
de Ribeaupierre sont remis en possession du château.
Le rôle militaire du château s’arrête en
1655 date de la destruction du château par ordre de Louis
14.
Mais son rôle archéologique n’est pas fini,
et si le vandalisme l’a privé de quelques belles assises
murales, il a servi du moins à faire mieux apparaître les
divers échantillons de ses divers âges qui semblent
commencer aux Romains , en passant par le Moyen-Age et la
Renaissance, jusqu’à la fortification quasi-moderne du 17ème
Siècle.
Des fouilles furent entreprises dans les
années 1880, où l’on trouva une médaille de Valentinien,
ainsi qu’une lame qui semble avoir appartenu à un glaive
légionnaire.
Légende de Labaroche
Or donc, amis très chers, jadis il fut un
temps,
Où notre Labaroche était à son printemps.
C’était bien loin d’ici, loin de notre
montagne,
Là-bas dans la Gascogne ou bien dans la
Bretagne.
Où? Je ne sais plus. En tout cas c’est
certain,
Les anciens me l’ont dit quand j’étais au
matin
De ma longue existence aujourd’hui
centenaire
Où les contes d’antan et les faits du passé
Se gardent toujours frais, malgré mon corps
cassé.
Mais retournons, amis, à notre Labaroche
Charmant, fringuant, coquet, sans épines,
sans roches.
Il était habité par des hommes méchants
Ne pensant point à Dieu, ne rêvant qu’à
leurs champs.
Tout respirait en eux l’orgueil et
l’opulence
Courant tous au bonheur, sans pouvoir le
saisir
Ils savouraient sans frein l’ivresse du
plaisir…
Tant et si bien que Dieu , courroucé par
leurs crimes,
Jura de les livrer au prince des abîmes .
«Va, dit-il à Satan, va, charge-les de fers »
«Va, prend-les, jette-les au fin fond des
enfers! »
« Merci, répond le Diable ah! Ah! La bonne
aubaine, »
Fait-il entre ses dents, plus noires que
l ‘ébène
Voyez-le déployer un immense mouchoir.
Déjà dans Labaroche, où il s’est laissé
choir.
Oh! Grand Dieu ! Que fait-il? Il enlève
l’église,
Il cueille les maisons comme on
cueillaison,
Cueille les animaux, cueille les habitants,
Les mets dans son mouchoir aux coins
exorbitants!
Bien vite il les replie et ses serres
affreuses
Emportant dans les airs ces âmes
malheureuses…
Mais voici que, volant tout près du
Veurvonnais(1)
Il entend un grand bruit et s’arrête net.
Qu’est-ce donc? Il regarde. Oh ciel! Comme
il enrage!
Désormais c’en est fait de son plus bel
ouvrage!
De l’immense mouchoir s’échappe une maison,
Puis deux, puis cinq, puis neuf sortent de
leur prison.
Mais où est donc l’auteur de ce désastre
horrible!
… Le voilà, Saint Michel son ennemi
terrible,
Qui, d’un coup de sa lance a percé le
mouchoir.
« Fuyons, clame Satan, elles vont toutes
choir! »
Et pressé, harcelé par l’invincible
archange
Il s’enfuit éperdu, celui qui fut un ange
Et n’est plus qu’un démon pire qu’un
caïman.
Il vole sur la Place et s’envole au
Léman(2)
Passe par les Evaux, revient à Giragoutte
Plane sur Phimaroche et se cache à la
Goutte.
Le voici sur le Cras, au Vieux-champs, au
Gazon.
Du mouchoir chaque fois s’échappe une
maison
Il remonte à la Trinque et gagne la
Rochette
Les Mulles,les Chalprès, le Château, la
Bassette.
Il file à la Rochure et s’arrête aux Etangs
Et toujours le mouchoir perd de ses
habitants.
Il grimpe à Fiacôte et saute à la chapelle
Mais c’est un mauvais sort qui l’attire et
l’appelle
Car là, comme partout, ses heureux
prisonniers
Volent comme pigeons fuyant leurs
pigeonniers
Il court à Romaingoutte, à Henzelle, au
Chène
Aux Cottis, aux Coreaux, traînant sa lourde
chaîne
Il se terre à l’Enclos, à Faîte, au
Gros-Gazon;
Chaque fois son vainqueur le met à la
raison
Il rampe vers Fraugrède, au Bâa, à
Fontenelle
Rase Morey-fontaine enfilant la Venelle
Roule vers le Limbach et survole le Breu
Suant, souffrant, jurant en turc, en hébreu;
Car le Grand Saint-Michel de sa vaillante
ance
Sans cesse le poursuit, le lance et le
relance
Et perçant le mouchoir à l’aspect jaune et
roux
Y fait en un clin d’œil des centaines de
trous.
Satan frémit, rugit, tombe de roche en
roche
Se précipe enfin vers Basse-baroche
L’église et son clocher tout au fond du
mouchoir
Sortent avec fracas, s’élancent et vont
choir
Juste sur le côteau si gai, si romantique
Où le temple de Dieu dresse sa tour
antique.
Le Diable a tout perdu! Confus le noir
voleur
Déplorant à jamais sa honte et son malheur
S’engouffre dans l’enfer où d’éternelles
flammes
Lui font payer cent fois ses nombreux
larcins d’âmes.
Quant au fameux mouchoir, La Roche du
Corbeau
Le reçoit de ses flancs et lui sert de
tombeau…
Vous savez désormais ce pourquoi Labaroche
Est ici maintenant, ferme comme roche,
Pourquoi ses murs bénis semés par monts et
par vaux
S’étendent des beaux Jets jusqu’au riants
d’Evaux
C’est aussi depuis lors que le prince des
anges
Ce dont à l’étain soient honneur et
louanges
Fut choisi pour garder, de son glaive
éclatant
Ceux qu’il avait repris aux griffes de
Satan.
(1) Nom patois du Hohneck. Il signifie
montagne du Dieu gaulois
(2) Tous les noms propres cités dans ces
vers désignent différents quartiers de Labaroche, souvent
très distants
Labaroche et sa légende
Dans
ce village si étrange
Qui tel une chaîne s’étend,
Un mauvais diable et un bon ange
Sont légendaires du vieux temps.
Les paysans avaient leur ferme
Abritant fenaisons et graines
Et une armoire qui renferme
Le traditionnel bas de laine.
Mais voilà qu’un vent de folie
Passa tel un essaim d’abeilles.
Les principes bien établis
Fondaient comme neige au soleil.
Les habitants, dévergondés,
Dans la débauche se ruèrent,
Et Dieu le père, excédé,
Se prit d’une sainte colère.
Il ordonna à Lucifer
D’accourir pour qu’il intervienne,
Emmenant les gens en enfer
Brûler au feu de la géhenne.
Ravi d’une telle occasion,
Le Diable prit un grand sac vide,
Entassa bêtes et maisons
Et tous les habitants perfides.
Courant à longue enjambées
Il arriva près du Hohnack.
Sa grande haine exacerbée
L’aidait à porter l’affreux sac.
Saint-Michel, ange secourable,
Fit un trou dans le lourd fardeau,
Avec sa lance redoutable
Harcelant le diable de dos
Les maisons tombaient une à une
Éparpillées comme des grains,
Trouvant une place chacune
Parfois éloignée des voisins.
Grâce au repentir des humains
Un village se reconstruit
Sur une longue étendue de terrain
Tel qu’on peut le voir aujourd’hui.
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