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Le Château du Petit Hohnack

          

          

          


Visitez le Blog du château du Petit Hohnack : http://chateau.over-blog.net/article-4140403.html


L’ histoire du château

La  première mention du château féodal remonte à 1079 et sa construction est due aux Comtes d’Eguisheim.

Il tenait une position dominante  au-dessus des vallées de Munster et d’Orbey. Situé à 940m d’altitude ce château est l’un des plus haut de France et le plus haut d’Alsace.

Au 13ème Siècle on note l’existence d’une famille de Hohnack.

En 1271, il y a rupture du lien féodal  entre Ulrich et l’évêque de Strasbourg.Ulrich donne une partie de ses biens à l’évêque de Bâle, alors que le domaine utile du château passe aux Comtes de Ribeaupierre.

Après la guerre soutenue par Anselme 2 de Ribeaupierre contre l’Empereur Adolphe de Nassau( guerre pendant laquelle le Val d’Orbey est dévasté, la suzeraineté du château échoit à Henri 2 de Nassau.

En 1371, Ulrich, Comte de Ferrette, permet à Henri 2 de Ribeaupierre fils d’Ulrich, de céder à son cousin Jean de Ribeaupierre ,le château.

La maison de Ribeaupierre conserve jusqu’à la guerre de trente ans, le château du Hohnack, qui à la fin du Moyen-Age a été remanié  pour la défense par les armes à feu.

Mais en 1635, Monsieur de Manicamp, maréchal de France et gouverneur de Colmar, s’empare du Château par la ruse, et y installe une garnison française.

En 1650, Georges-Frédéric et Jean-Jacques de Ribeaupierre sont remis  en  possession du château.

Le  rôle militaire du château s’arrête en 1655 date de la destruction du château par ordre de Louis 14.

Mais  son rôle archéologique n’est pas fini, et si le vandalisme l’a privé de quelques belles assises murales, il a servi du moins à faire mieux  apparaître les divers échantillons de ses divers âges qui semblent commencer aux Romains , en passant par le  Moyen-Age et la Renaissance, jusqu’à la fortification quasi-moderne du 17ème  Siècle.

Des  fouilles furent entreprises dans les années 1880, où l’on trouva une médaille  de Valentinien, ainsi qu’une lame qui semble avoir appartenu à un glaive légionnaire.


Légende de Labaroche

Or donc, amis très chers, jadis il fut un temps,

Où notre Labaroche était à son printemps.

C’était bien loin d’ici, loin de notre montagne,

Là-bas dans la Gascogne ou bien dans la Bretagne.

Où? Je ne sais plus. En tout cas c’est certain,

Les anciens me l’ont dit quand j’étais au matin

De ma longue existence aujourd’hui centenaire

Où les contes d’antan et les faits du passé

Se gardent toujours frais, malgré mon corps cassé.

Mais retournons, amis, à notre Labaroche

Charmant, fringuant, coquet, sans épines, sans roches.

Il était habité par des hommes méchants

Ne pensant point à Dieu, ne rêvant qu’à leurs champs.

Tout respirait en eux l’orgueil et l’opulence

Courant tous au bonheur, sans pouvoir le saisir

Ils savouraient sans frein l’ivresse du plaisir…

Tant et si bien que Dieu , courroucé par leurs crimes,

Jura de les livrer au prince des abîmes .

«Va, dit-il à Satan, va, charge-les de fers »

«Va, prend-les, jette-les au fin fond des enfers! »

« Merci, répond le Diable ah! Ah! La bonne aubaine, »

Fait-il entre ses dents, plus noires que l ‘ébène

Voyez-le déployer un immense mouchoir.

Déjà dans Labaroche, où il s’est laissé choir.

Oh! Grand Dieu ! Que fait-il? Il enlève l’église,

Il cueille les maisons comme on cueillaison,

Cueille les animaux, cueille les habitants,

Les mets dans son mouchoir aux coins exorbitants!

Bien vite il les replie et ses serres affreuses

Emportant dans les airs ces âmes malheureuses…

Mais voici que, volant tout près du Veurvonnais(1)

Il entend un grand bruit et s’arrête net.

Qu’est-ce donc? Il regarde. Oh ciel! Comme il enrage!

Désormais c’en est fait de son plus bel ouvrage!

De l’immense mouchoir s’échappe une maison,

Puis deux, puis cinq, puis neuf sortent de leur prison.

Mais où est donc l’auteur de ce désastre horrible!

… Le voilà, Saint Michel son ennemi terrible,

Qui, d’un coup de sa lance a percé le mouchoir.

«  Fuyons, clame Satan, elles vont toutes choir! »

Et pressé, harcelé par l’invincible archange

Il s’enfuit éperdu, celui qui fut un ange

Et n’est plus qu’un démon pire qu’un caïman.

Il vole sur la Place et s’envole au Léman(2)

Passe par les Evaux, revient à Giragoutte

Plane sur Phimaroche et se cache à la Goutte.

Le voici sur le Cras, au Vieux-champs, au Gazon.

Du mouchoir chaque fois s’échappe une maison

Il remonte à la Trinque et gagne la Rochette

Les Mulles,les Chalprès, le Château, la Bassette.

Il file à la Rochure et s’arrête aux Etangs

Et toujours le mouchoir perd de ses habitants.

Il grimpe à Fiacôte et saute à  la chapelle

Mais c’est un mauvais sort qui l’attire et l’appelle

Car là, comme partout, ses heureux prisonniers

Volent comme pigeons fuyant leurs pigeonniers

Il court à Romaingoutte, à Henzelle, au Chène

Aux Cottis, aux Coreaux, traînant sa lourde chaîne

Il se terre à l’Enclos, à Faîte, au Gros-Gazon;

Chaque fois son vainqueur le met à la raison

Il rampe vers Fraugrède, au Bâa, à Fontenelle

Rase Morey-fontaine enfilant la Venelle

Roule vers le Limbach et survole le Breu

Suant, souffrant, jurant en turc, en hébreu;

Car le Grand Saint-Michel de sa vaillante ance

Sans cesse le poursuit, le lance et le relance

Et perçant le mouchoir à l’aspect jaune et roux

Y fait en un clin d’œil  des centaines de trous.

Satan frémit, rugit, tombe de roche en roche

Se précipe enfin vers Basse-baroche

L’église et son clocher tout au fond du mouchoir

Sortent avec fracas, s’élancent et vont choir

Juste sur le côteau si gai, si romantique

Où le temple de Dieu dresse sa tour antique.

Le Diable a tout perdu! Confus le noir voleur

Déplorant à jamais sa honte et son malheur

S’engouffre dans l’enfer où d’éternelles flammes

Lui font payer cent fois ses nombreux larcins d’âmes.

Quant au fameux mouchoir, La Roche du Corbeau

Le reçoit de ses flancs et lui sert de tombeau…

 

Vous savez désormais ce pourquoi Labaroche

Est ici maintenant, ferme comme roche,

Pourquoi ses murs bénis semés par monts et par vaux

S’étendent des beaux Jets jusqu’au riants d’Evaux

C’est aussi depuis lors que le prince des anges

Ce dont à l’étain soient  honneur et louanges

Fut choisi pour garder, de son glaive éclatant

Ceux qu’il avait repris aux griffes de Satan.

 

(1) Nom patois du Hohneck. Il signifie montagne du Dieu gaulois

(2) Tous les noms propres cités dans ces vers désignent différents quartiers de Labaroche, souvent très distants


Labaroche et sa légende

 Dans ce village si étrange

Qui tel une chaîne s’étend,

Un mauvais diable et un bon ange

Sont légendaires du vieux temps.

 

Les paysans avaient leur ferme

Abritant fenaisons et graines

Et une armoire qui renferme

Le traditionnel bas de laine.

 

Mais voilà qu’un vent de folie

Passa tel un essaim d’abeilles.

Les principes bien établis

Fondaient comme neige au soleil.

 

Les habitants, dévergondés,

Dans la débauche se ruèrent,

Et Dieu le père, excédé,

Se prit d’une sainte colère.

 

Il ordonna à Lucifer

D’accourir pour qu’il intervienne,

Emmenant les gens en enfer

Brûler au feu de la géhenne.

 

Ravi d’une telle occasion,

Le Diable prit un grand sac vide,

Entassa bêtes et maisons

Et tous les habitants perfides.

 

Courant à longue enjambées

Il arriva près du Hohnack.

Sa grande haine exacerbée

L’aidait à porter l’affreux sac.

 

Saint-Michel, ange secourable,

Fit un trou dans le lourd fardeau,

Avec sa lance redoutable

Harcelant le diable de dos

 

Les maisons tombaient une à une

Éparpillées comme des grains,

Trouvant une place chacune

Parfois éloignée des voisins.

 

Grâce au repentir des humains

Un village se reconstruit

Sur une longue étendue de terrain

Tel qu’on peut le voir aujourd’hui.